Jour 3 : à la rencontre de la colère des habitant·e·s de Marseille

Vendredi 4 mai, 10h. Nous nous rejoignons devant l’école Oasis aux Aygalades, quartier du 15ème arrondissement de Marseille. Bâtie à la fin des années 1950 sur un ancien site industriel, cette école fait l’objet de la colère légitime des parents du quartier. Les sols de ce bâtiment contiennent en effet de fortes doses de matières hautement cancérigènes.

« Les sols de notre école sont pollués »

La responsable politique de la ville était présente et a pu répondre à certaines questions des parents. Une réunion avait été organisée le 10 avril 2018, notamment en présence de responsables politiques, de parents d’élèves et de l’Agence régionale de santé (300 personnes au total). Sauf que… Les parents sont repartis avec un nombre encore plus important de questions.

Rencontre avec la responsable de la politique de la ville (à droite)

Face au déni de la pollution de l’eau par les autorités de santé, les solutions apportées ne sont pas satisfaisantes. Le périmètre qui a été condamné est bien trop petit par rapport à la zone générale de pollution au sein de l’école.

Une destruction de l’école en 2019 est envisagée, mais les parents ne savent pas quelle sera l’école tampon. Ils ne sont toujours pas rassurés pour l’avenir de leurs enfants.

Nous porterons les revendications des parents d’élèves jusqu’à Bruxelles

 

Après un pique-nique sur les marches du vélodrome,  nous avons parcouru les bords de l’Huveaune, fleuve marseillais. Petits et grands ont scandé slogans et chansons pour sensibiliser les habitants. Parfois, certaines personnes que nous croisions nous rejoignaient pendant quelques mètres ou kilomètres. Une ambiance conviviale pour parler de problèmes importants !

 

Nous avons fait une première halte pour dénoncer l’utilisation des billes noires sur les pelouses synthétiques. Explications par Sébastien, l’un des organisateurs de la marche :

 

Nous sommes ensuite passés devant l’usine Legré Mante. Ce site industriel abandonné a produit, durant des décennies, de l’acide citrique. Aujourd’hui le sol est très pollué. Pourtant, la mairie veut y installer des logements sans même dépolluer.

Les associations locales se sont adressées à l’Union européenne. Elles ont obtenu gain de cause, ainsi que des financements pour la dépollution.

« Nous ne pouvons plus boire l’eau du robinet, elle est trop polluée »

Enfin, nous avons rencontré les habitants de la cité Air-bel, qui compte près de 1200 foyers. Ils vivent un bras de fer avec les bailleurs des logements, puisque l’eau de leurs habitations est polluée. De nombreux cas de legionellose ont été détectés et la population ne peut plus boire, ni se doucher, avec l’eau du robinet (plaques sur la peau, démangeaisons, perte de cheveux…).
Les solutions proposées par les bailleurs ne satisfont pas les habitants, qui font porter cette affaire en justice. Après 40 ans d’inertie, il est temps que les choses changent.

Nous avons filmé plusieurs personnes, avec des témoignages poignants :

La soirée du 4 mai s’est achevée à la friche de la belle de mai autour d’un dîner convivial !

 

Au programme du samedi 5 mai :

• 9h30 : Rassemblement sur le Vieux Port sous l’ombrière pour le départ de la Marche vers Cabriès. Étape à la Calade sur la pollution au fioul lourd et aux particules fines des navires de croisière au niveau du port de Marseille.
• 17h : Arrivée au collège Mauron de Cabries, puis visite du site de la centrale électrique.
• 19h15 : Rendez-vous aux Terres Blanches à Bouc Bel Air puis visite du stockage terrestre des boues rouges sur le site de Mange-Garri.
• 20h30 : Rendez-vous à la salle paroissiale Ste Barbe de Biver à Gardanne pour un débat avec les marcheurs.

4 réponses sur “Jour 3 : à la rencontre de la colère des habitant·e·s de Marseille”

  1. Triste prise de conscience ce matin à la lecture de votre reportage (très bien fait) : le sentiment d’être trompée, trahie, utilisée, jusque dans nos besoins les plus vitaux… Au profit de qui ? Pourquoi ? Je pensais être avertie et engagée (petits gestes écologistes au quotidien) mais là, avec vos reportages documentés, je réalise que ma naïveté et mon idéalisme participent in fine de ce désastre écologique… Merci de m’ouvrir les yeux aujourd’hui !

    1. Et oui, nous aussi, bien qu’avertis sur de nombreux sujets, nous tombons des nues au fil de notre parcours. La marche nous fait tous prendre conscience de ces réalités oubliées, de ces combats qui durent depuis des années et dont personne ne parle… N’hésitez pas à partager nos articles, afin que le plus de monde possible ouvre les yeux également, et que l’on provoque un vrai éveil des consciences! Très belle journée à vous!

  2. N’ayant pu vous rejoindre pour partager quelques km de marche avec vous, je viens vous apporter mon soutien pour votre engagement, pour notre planète.

    1. Bonjour et merci beaucoup! Pour nous soutenir, vous pouvez partager nos articles, nous rejoindre sur facebook, sur twitter, signer notre pétition (si ce n’est déjà fait), ou bien faire un don ici 🙂 On compte sur vous et on vous remercie pour votre soutien! Belle journée!

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