Jours 29 et 30 : « l’agriculture biologique c’est comme un tableau impressionniste… »

Après un dernier pique-nique à Givors le 30 mai, le groupe s’est acheminé en voiture jusqu’à Salt-en-Donzy (l’étape était trop importante pour tout faire à pied). Une marche de 7km a ensuite permis de relier Salt à Feurs, où nous avons tracté pour annoncer les prochaines étapes.

La soirée sur les risques industriels s’est déroulée au centre social et culturel de Feurs. Un moment très important de la marche puisque nous avons accueilli Karim Ben Ali, lanceur d’alerte malgré lui depuis plus d’un an.

Début 2017, Karim était intérimaire et travaillait sur une mission pour ArcelorMittal. Il a déversé pendant 12 jours de l’acide dans un crassier (lieu de stockage des déchets de l’usine), sans protection ni équipement adapté (vêtement, masque, camion…). Choqué par cette pratique, il a filmé l’un de ces moments et l’a publié sur Facebook. Six mois plus tard, l’affaire a éclaté grâce à un reportage de France bleu. Depuis, ArcelorMittal a porté plainte pour diffamation et refuse de reconnaître la pollution des sols dont l’entreprise avait forcément connaissance.

Un parcours du combattant s’est ouvert pour Karim : intoxiqué par cet acide, il n’a plus d’odorat ni de goût, il a les yeux rouges en permanence et reçoit fréquemment des menaces. Vous pouvez retrouver son témoignage sur le Facebook live intégral de la soirée (le son s’améliore au bout de 8 minutes).

Un témoignage très fort, qui a beaucoup touché les personnes présentes. Un collectif est en train de se monter autour de Karim, car il est très seul face à ces géants industriels. Si, vous aussi, vous souhaitez soutenir Karim, vous pouvez nous contacter (contact@marchedescobayes.org) et nous ferons le lien avec lui.

Durant la soirée, le lien est fait avec des problématiques locales. En effet, une usine de piles installée à Feurs a explosé en 2011, provoquant deux morts. Un collectif s’est ensuite monté, pour accompagner les familles dans leurs recours et leur deuil. L’affaire est aujourd’hui réglée car les industriels ont décidé de ne pas poursuivre les démarches juridiques. Les risques industriels sont bel et bien présents… Marie-Jo Demare, habitante de Feurs, témoigne :

 

Le jeudi 31 mai, les marcheurs se réveillent dans la ferme de Champier, chez Serge et Claude, agriculteurs bio de Salvizinet. Eux aussi s’engagent au quotidien pour faire changer les choses grâce à l’alimentation :

Après un petit-déjeuner « engagé » autour des produits de la ferme (beurre, fromage, yaourt, jus de fruits…), les marcheurs prennent la route, presque un mois après le départ de Fos-sur-Mer.

Très belle étape entre Feurs et Crémeaux, à travers champs et entre les gouttes !

Entre Feurs et Crémeaux

Un beau soleil nous attend à l’arrivée sur la ferme biologique de Fontrubleau de Thierry Gardon, avec un accueil très chaleureux. Après un court repos bien mérité, les marcheurs préparent la soirée, installent les tables, le stand et le bus bio finalise sa participation au buffet partagé.

Buffet partagé à la ferme de Fontrubleau (42)

 

Dès 19h, les participants à la soirée commencent à arriver. Très vite, les échanges se font riches : spécificités du maraîchage biologique, construction de roulottes, mobilisation pour le retrait de l’aluminium des vaccins (un groupe présente d’ailleurs une grande marche organisée ce dimanche à Montbrison, au profit de l’association E3M qui accompagne des personnes malades de myofasciite à macrophages, provoquée par l’aluminium vaccinal)… La marche des cobayes permet de rassembler toutes ces prises de conscience, ces alternatives, ces combats malheureusement souvent isolés et invisibles.

Débat sur l’agriculture à Crémeaux

S’en est suivi un débat très riche, avec comme sujets principaux le projet des 1000 vaches, la malbouffe, l’industrialisation agricole et bien sûr l’agriculture biologique.

Jean-Claude Tissot, sénateur socialiste de la Loire, était présent lors de cette soirée.

« Chacun peut faire des choses à son échelle pour l’environnement. Concernant l’alimentation, tout passe par l’éducation. Ce doit être le socle de notre République, pour que chacun puisse penser par lui-même. L’agriculture biologique pourra ainsi être développée beaucoup plus facilement. » (Jean-Claude Tissot, sénateur)

Déplorant que, bien souvent, les consommateurs soient prêts à mettre beaucoup d’argent pour acheter une voiture mais pas pour s’alimenter correctement, Thierry se bat au quotidien pour le maintien d’une agriculture biologique de proximité. Il nous a d’ailleurs gratifié d’une belle image pour illustrer cette pratique engagée :

« L’agriculture biologique c’est comme un tableau impressionniste : de près on ne voit pas grand chose, mais quand on regarde de plus loin, chaque détail prend son sens. » (Thierry Gardon, agriculteur)

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