Jours 31 et 32 : scandale des déchets radioactifs chez Areva

Le vendredi 1er juin à La Tuilière (42), la soirée était consacrée aux mines d’uranium, en présence d’Arlette Maussan du collectif Bois Noirs (voir le powerpoint projeté pendant la soirée). Un sujet très important puisqu’en 1955, AREVA a ouvert une mine d’uranium dans la forêt des bois noirs, à Saint-Priest-La-Prugne. Sur les 200 mines d’uranium que comporte la France, celle-ci faisait partie des 15 plus importantes.

L’extraction d’uranium a duré pendant 25 ans, jusqu’en 1980. Lorsque l’on extrait l’uranium, il reste des résidus qu’on ne récupère pas, et qui forment des remblais. Ces déchets sont dits « stériles », c’est-à-dire non radioactifs. Comme de nombreuses personnes avaient besoin de ces remblais pour construire des routes ou des maisons, AREVA les vendait à bas prix. Sauf que…

« Contrairement à ce que prétendait AREVA, ces remblais issus de la mine d’uranium contenaient toujours une dose importante de radioactivité. Ces résidus dits « stériles » ont été disséminés dans les remblais, mais en fait ils crachent toujours. » (Arlette Maussan)

C’est lorsque la mine a fermé en 1980 et que la CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) a été créée suite à l’accident nucléaire de Tchernobyl en 1986, que l’affaire est sortie. La CRIIRAD a été missionnée par les habitants de la région pour analyser les taux de radioactivité. Ils se sont alors rendu compte qu’il y avait aux alentours une radioactivité ambiante au-delà de tous les seuils… Pourtant, AREVA martelait depuis des années qu’il n’y avait pas de problème.

« On a de la chance d’avoir les mesures de la CRIIRAD. AREVA mettait des capteurs dans des endroits où il y avait peu de radioactivité. D’où l’importance d’avoir une expertise indépendante… » (Arlette Maussan)

Débat sur les mines d’uranium à La Tuilière

Les habitants ont alors demandé qu’AREVA enlève ces déchets radioactifs puis reconstruise des espaces réellement stériles. Des avancées ont été obtenues dans les années 2000, mais c’est loin d’être gagné.

Depuis 1980, certains des déchets radioactifs ont été stockés au fond d’un grand lac artificiel. Drôle de manière de stocker les déchets… Il est aisé d’imaginer les dommages causés à l’environnement. D’abord, destruction de l’environnement pour canaliser une rivière afin qu’elle n’entre pas en contact avec le lac. Ensuite, comme le lac est inévitablement connecté aux nappes phréatiques, lors des orages, celui-ci déborde et l’eau est déversée dans la rivière Besbre. C’est donc de l’eau contaminée et radioactive qui s’enfuit à chaque orage… L’histoire de ce site est racontée en vidéo par le collectif Bois noirs :

Le samedi 2 juin, les marcheurs ont pique-niqué devant ce fameux lac. Tout le monde peut y accéder et il n’y a nulle part mention d’une quelconque radioactivité du site.

Le lac industriel, qui accueille des déchets radioactifs

Nous avons ensuite marché sur des sentiers radioactifs, évitant certains autres car cela aurait été trop dangereux. Mais comme dirait AREVA, « c’est juste un chemin où l’on ne passe qu’une minute »… Une image intéressante : c’est comme si nous jetions un polluant visible (une poubelle par exemple, ou des déchets éparpillés) et que nous disions : « ce n’est pas grave de le laisser ici, car les passants ne le verront qu’une minute sur leur chemin » !

Écrit des manifestants, lors de la fermeture du site

Le collectif Bois noirs a analysé avec les marcheurs la radioactivité autour du lac :

 

Et l’histoire semble se répéter, puisque d’autres affaires se poursuivent avec AREVA au Niger

Nous saluons ici le travail du collectif Bois noirs, qui a connu sa première vraie mobilisation en 1975. AREVA souhaitait en effet enfouir de nombreux déchets radioactifs autour de Saint-Priest-la-Prugne, non seulement de la région mais aussi de France et de certains autres pays. Une énorme mobilisation locale a permis que ce site d’enfouissement des déchets ne voit pas le jour.

 

Et pour finir, un témoignage de Jean-Claude Tissot, sénateur socialiste de la Loire, qui a participé aux dernières étapes à nos côtés :

 

Au cœur de la Loire

Une pensée sur “Jours 31 et 32 : scandale des déchets radioactifs chez Areva”

  1. rares se sentent concernés les représentants de l’état comme les sénateurs, maires, députés, conseillers …. Merci pour ces personnes qui peuvent avoir un réel pouvoir face au gouvernement.
    Espérons que le gouvernement enfin écoute toutes les revendications pour un mieux vivre, en intelligence et préserver la santé des être, humains, animales.

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