Jours 41 et 42 : sans élevage industriel, la vie est plus belle !

La journée du 11 juin était riche et passionnante. Nous avons marché de l’habitat participatif Port de terre jusqu’à Moulins. Dans l’après-midi, nous sommes allés jusqu’à Bressolles, où une quarantaine de membres de l’association « Bressolles bien vivre » nous attendaient pour nous présenter leur lutte locale : empêcher l’installation d’un immense poulailler-usine, avec 160 000 poulets et 12 000 dindes par an.

Plusieurs personnes ont pris la parole pendant cette rencontre, pour présenter ce projet industriel :

Roger Haenen de l’association « Bressolles bien vivre » :

Gérard Matichard de France nature environnement Allier :

Marie, infirmière de la marche des cobayes :

Le soir, une soixantaine de personnes se sont rassemblées dans la salle des fêtes de Moulins pour approfondir le thème de l’élevage industriel. Bruno de Vie, cuisinier de notre bus bio, a introduit la soirée avec une chanson sur le végétarisme, l’alimentation et le traitement actuel des animaux (« C’est la gourmandise qui a fait croire à l’Homme que les animaux n’avaient pas de sentiment », cite-t-il). Camille Lambert, co-organisatrice de la marche, a ensuite présenté la marche des cobayes, qui fête à Moulins sa 41ème étape.

Bruno de vie, cuisinier de notre bus bio

 

Trois intervenants ont ensuite animé cette passionnante soirée. Jean-Marie Rouault, paysan qui cultive en bio, a tout d’abord expliqué de façon très pédagogique le système forestier, le fonctionnement du développement des plantes, l’importance des minéraux et des oligoéléments.

« Rétablir la biodiversité est aussi important que lutter contre le réchauffement climatique, il faut s’en occuper d’urgence. Même sur mes terrains pauvres, avec des cultures différentes j’arrive à optimiser mes productions. »

Pour Jean-Marie, une agriculture 100% vegan n’est pas souhaitable puisque si nous fonctionnons uniquement en végétal, les cycles organiques ne sont plus respectés et cela détériore les sols. Nous devons préserver notre biodiversité et ne pas introduire de déséquilibres dans la chaîne alimentaire globale. Il invite cependant à réduire fortement notre consommation de viande.

 

Un débat poursuivi avec Isabelle Crépiat, chargée de campagne L214. Cette association se mobilise depuis 10 ans pour protéger les animaux utilisés dans la production alimentaire. Proposant un focus sur l’élevage intensif, Isabelle Crépiat nous explique que 80% des animaux sont élevés de façon intensive, dans des conditions de vie inadaptées à leurs besoins naturels.

« Les animaux sont sélectionnés génétiquement pour favoriser la fécondité. Ainsi, tous les 12 mois, une vache est inséminée, pour récupérer son veau et son lait. L’objectif est de maintenir un flux constat d’animaux, car il en faut des millions pour soutenir nos modes d’alimentation. Certains animaux sont jugés inutiles, comme les poussins qui sont broyés à la naissance car ils ne pondent pas d’œuf. Ainsi, 33 millions de poussins sont broyés chaque année en France. » (Isabelle Crépiat)

De nombreux problèmes physiques et psychologiques sont observés à cause de l’enfermement, du manque d’espace, de la séparation avec la mère, des mauvaises conditions d’alimentation et de vie : auto-mutilation, agression, troubles respiratoires, infections, boiteries, mort…

Alors que 90% des Français sont défavorables aux élevages qui concentrent les animaux dans des bâtiments fermés, toutes les propositions en faveur des animaux ont toutes été rejetées par les députés présents, dans le cadre de la récente loi EGalim.

« La question de l’élevage intensif et de ses impacts sur l’environnement doit rester dans le débat public et politique. C’est notre responsabilité de nous questionner sur la souffrance que nous faisons subir quotidiennement aux animaux. Faire évoluer notre consommation est essentiel aujourd’hui. » (Isabelle Crépiat)

La militante L214 achève son intervention en nous appelant à modifier nos pratiques alimentaires (manger moins de viande, découvrir des recettes vegan, s’engager à ne pas s’alimenter avec des produits d’animaux élevés de façon intensive…), car « on ne peut pas vouloir manger de la viande et en même temps vouloir que l’élevage intensif s’arrête. »

Dr Gosselin (Bressolles bien vivre) et Isabelle Crépiat (L214)

Enfin, Dr Gosselin, médecin et membre de l’association « Bressolles bien vivre », a présenté le projet de poulailler-usine. Il déplore l’absence de transparence sur ce projet, car certains nouveaux acheteurs de terrain n’avaient pas connaissance de ce projet au moment de la signature de la vente, alors même que le maire savait que le poulailler allait s’installer. Ce projet, qui pose des risques pour l’environnement ainsi que des nuisances pour les riverains, n’est pas encore finalisé. Les membres de l’association invitent donc à la mobilisation pour qu’il ne puisse pas voir le jour !

Un grand merci à Anne-Sophie Morel pour les photos de la soirée 🙂

 

Le mardi 12 juin, les marcheurs se sont acheminés de Moulins jusqu’à Dornes, par de jolis chemins pendant une dizaine de kilomètres. Le soir, nous avons été accueillis dans la ferme des Desrues près de la commune de Dornes, qui pratique de l’élevage biologique, respectueux de leurs animaux.

Ananda, la fille de nos cuisiniers

Une pensée sur “Jours 41 et 42 : sans élevage industriel, la vie est plus belle !”

  1. BRAVO
    Il faut absolument faire plus de bruit et toucher le grand public encore et encore
    La voix du peuple n’est pas réveillée elle est encore entretenue dans la facilité de l’autruche consumériste.

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