Jours 43 et 44 : agriculture biologique, biodiversité et « dieselgate » à Nevers

Le mercredi 13 juin, le groupe de marcheurs est parti de la mairie de Chevenon, pour une marche de 4km jusqu’à Imphy. Après un pique-nique convivial (bio et local, comme toujours !), la marche est repartie jusqu’à Nevers pendant 10km. Le groupe a retrouvé l’Association ouverte et citoyenne de Nevers dans la salle René Dumont pour un café citoyen sur la vie simple. Nous adressons un grand MERCI à Eric Mourey pour toute l’organisation de l’étape à Nevers et pour son accueil chaleureux !

« La vie simple » (« Vivre simplement afin de pouvoir simplement vivre », disait Gandhi), peut être un choix philosophique pour certains et une nécessité pour d’autres. Environ 20% de gens vivent aujourd’hui dans une absolue nécessité. Les facteurs géopolitiques et climatiques vont, de plus en plus, nous faire changer de mode de vie par nécessité.

« Dans un monde dominé par la complexité, notamment avec la révolution numérique, la vie simple va être de plus en plus présente. »

Pratiquer la proximité, développer nos réseaux de solidarité, s’impliquer dans son quartier… Voilà des perspectives pour nous reconnecter à l’autre, créer du lien et construire de nouvelles formes de coopération.

Stop à la malbouffe !

 

Le jeudi 14 juin était consacré à la visite de lieux emblématiques dans Nevers. Les marcheurs ont tout d’abord découvert les jardins de la Baratte (rue Roger Fouveille), un lieu traditionnellement dédié au maraîchage depuis 400 ans. Dans les années 1950, plus de 50 jardiniers étaient présents sur 20 hectares. Puis la ville de Nevers a construit des nouveaux quartiers et pris des mesures urbaines pour se protéger des crues de la Loire, réduisant la place de l’agriculture. L’association Saint-Fiacre Loire-Baratte s’est constituée en 2005 pour défendre l’agriculture urbaine et la valorisation de l’environnement et de la biodiversité locale. La conservation des espèces et la création de jardins se met alors en place… Découvrez le témoignage de Geneviève Omessa, secrétaire du CNAD (collectif nivernais pour une agriculture durable) sur ce sujet :

La ville de Nevers est aujourd’hui à la recherche de maraîchers pour assurer une continuité écologique sur place. Guillaume est l’un d’entre eux. Auparavant éducateur spécialisé, il a fait une formation pour apprendre le métier d’agriculteur biologique. Il a démarré avec 1 hectare et travaille maintenant sur 5 hectares.

Guillaume, maraîcher bio à Nevers
Les jardins de la Baratte
Visite des jardins de la Baratte

 

« Il se passe des choses dans la Nièvre, des gens au départ individualistes se mettent ensemble sur des projets communs et écologiques » (Guillaume, maraîcher bio)

 

 

Après avoir dégusté les délicieuses fraises, tomates et… carottes (bio, bien sûr) de Guillaume, nous avons visité le Bec d’Allier, site remarquable d’intérêt européen, qui possède une réelle biodiversité favorisant la lutte contre les pollutions. Gestion et régulation des crues, aménagement du territoire, dynamique fluviale, aménagement des zones inondables… Des discussions très intéressantes pour les marcheuses et les marcheurs (extrait en vidéo ici).

« La richesse de l’écosystème a pu être maintenue grâce à la dynamique fluviale, mais il y a aussi des engrais chimiques dans l’eau qui dégradent l’environnement et appauvrissent le milieu aquatique. À certains endroits, le lit de la rivière s’est réduit de 50%. »

Après cette visite, les marcheurs se sont dirigés vers la gare pour accueillir Karima Delli, députée européenne, Présidente de la Commission Transport et Tourisme au Parlement européen.

En chanson et avec un saxophone (merci à Manu, nouveau marcheur, pour cet apport musical très agréable !), le groupe a circulé dans les rues de Nevers pour inviter les habitants à la conférence du soir.

Après une conférence de presse, la soirée s’est ouverte sur le thème de la reconversion automobile et le dieselgate, en présence de la députée européenne Karima Delli et Philippe Foucras, médecin généraliste, président du FORMINDEP (association pour une formation et une information médicales indépendantes) – vous pouvez revoir une partie de la soirée en vidéo (partie 1, partie 2).

Karima Delli explique que dès 2012, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclare que le diesel est cancérigène. Le scandale dieselgate éclate ensuite aux États-Unis : il a été découvert que onze millions de véhicules diesel étaient équipés d’un logiciel permettant de dissimuler une solution de 40 fois la norme européenne. En décembre 2015, une commission d’enquête sur le dieselgate a été ouverte (la première sur un scandale sanitaire depuis celui sur la vache folle il y a 16 ans).

« Une réunion de « comitologie » de la commission voulait donner l’autorisation aux constructeurs de polluer, jusqu’en 2020 et jusqu’à 110% au-dessus de la norme. Nous n’avons pas réussi à contrer ce « permis de polluer » mais les maires des grandes villes, dont Anne Hidalgo, qui sont responsables de la pollution de l’air, ont attaqué en justice cette décision de la commission » (Karima Delli)

Les conclusions de la commission d’enquête (après audition d’ONG, d’experts, de commissaires européens, de ministres de l’environnement dont Ségolène Royal) rapportent que :

1) Tout le monde savait, personne n’a rien dit
2) Aucun consommateur n’a été remboursé de l’arnaque
3) Tous les constructeurs dépassent les normes…

Karima Delli avec des marcheurs et des journalistes avant le débat

« Pour boucler la boucle, nous avons découvert que les laboratoires d’homologation des véhicules étaient financés par les fabricants de véhicules… Les industriels doivent maintenant comprendre que la transition énergétique est nécessaire ! Il faut écouter les citoyens qui proposent de vraies solutions » (Karima Delli)

Le médecin Philippe Foucras a présenté son association, le Formindep, créée en 2004. Son objectif est de promouvoir une information et une formation médicale indépendante des intérêts commerciaux et industriels. Elle met en place de nombreuses actions pour lutter contre les influences industrielles et commerciales sur la médecine.

Expliquant que cela fait 25 ans qu’il se prive des conseils de l’industrie pharmaceutique pour soigner ses patients (voir son intervention à Nevers), il a présenté les pratiques de certains médecins aujourd’hui.

« Les soins qui sont prodigués sous influence commerciale et industrielle représentent un facteur de risque. Quand on soigne sous influence, ce peut être dangereux pour la population. » (Philippe Foucras)

Les patients sont souvent traités comme des cobayes, soignés sur la base de ce que l’on appelle « critères intermédiaires », qui consistent à donner des médicaments pour obtenir des résultats rapides et faire baisser les chiffres d’incidence des maladies.

« Les gens ne se sentent pas écoutés. La construction des politiques publiques est souvent faite en déconnexion totale d’avec ceux qui subissent ces pollutions au quotidien » (Thomas Dietrich, ancien secrétaire général de la Conférence national de santé)

Avec la députée européenne Karima Delli à Nevers (au centre)

 

Et pour finir, le témoignage engagé de Sylvain, marcheur entre Moulins et Nevers, grand habitué des marches militantes :

Une pensée sur “Jours 43 et 44 : agriculture biologique, biodiversité et « dieselgate » à Nevers”

  1. Super chouette ces deux belles journées !
    On va réussir à sauver le monde ! Bravo à vous et vous resterez dans ma mémoire … Bises Eric

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *