Jours 48 et 49 : grande mobilisation citoyenne contre le nucléaire à Belleville-sur-Loire

Le lundi 18 juin, nous avons rejoint le réseau Sortir du nucléaire et ses nombreux militants à Belleville-sur-Loire. Françoise Pouzet, Thierry Jolivet et Bernadette Moreau, référents locaux de la section locale Sortir du nucléaire – Berry-Giennois-Puisaye, nous ont accompagnés pour cette étape. Un immense merci à eux pour leur accueil très chaleureux !

Dans un premier temps, nous avons effectué des prélèvements d’eau pour rechercher des radionucléides dans la Loire avec l’ACRO (Association pour le Contrôle de la Radioactivité).

Depuis fin 2016, chaque trimestre, un collectif d’associations antinucléaires fait des recherches de radionucléides, avec l’aide de l‘ACRO, sur le fil de la Loire et de ses affluents. Une fois par an, ils effectuent aussi des prélèvements des sédiments de la Loire et des végétaux. Les premiers résultats, à Chinon, ont montré des traces significatives de Tritium. Les résultats seront présentés en septembre prochain.

Prélèvements d’eau dans la Loire

 

De nombreuses personnes nous ont ensuite rejoints pour marcher jusqu’à la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire. Nous avons fait un sitting devant la centrale, puis plusieurs personnalités ont pris la parole : Yannick Jadot et Michèle Rivasi (députés européens Europe Ecologie-Les Verts), Roland Desbordes (administrateur de la CRIIRAD, Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) et Mathilde Panot (députée France insoumise du Val-de-Marne).

Reportage de France 3 sur la journée à Belleville-sur-Loire :

En route vers la centrale de Belleville-sur-Loire

 

Le soir, plus de 100 personnes étaient présentes pour participer à un débat sur le nucléaire et la santé, en présence de :
– Michèle Rivasi, députée européenne EELV,
– Yannick Jadot, député européen EELV,
– Mathilde Panot, députée France Insoumise du Val-de-Marne,
– Roland Desbordes, administrateur de la CRIIRAD,
– Daniel Déprez, Sortir du Nucléaire Berry-Giennois-Puisaye.

Michèle Rivasi, députée européenne, a tout d’abord introduit le sujet dans sa globalité, puis dénoncé une situation dramatique en Ouzbékistan (voir le live Facebook) : une hausse importante de maladies, ainsi qu’une augmentation des leucémies chez les enfants, ont été observées. Ces pathologies « radio-induites » sont très probablement liées au nucléaire. Des députés européens se sont rendus sur des sites d’uranium (principal combustible utilisé dans les réacteurs nucléaires) en Ouzbékistan pour dénoncer ces intoxications et aider le pays à protéger la population par rapport aux risques de contamination radioactive.

L’une des propositions de Michèle Rivasi et de plusieurs collectifs antinucléaires est de contester la nouvelle directive « Euratom », qui reflète un manque criant de démocratie. Euratom vise à développer l’énergie nucléaire et fixe les nouvelles normes de base européennes en matière de protection contre les rayonnements ionisants. la France s’apprête à choisir les seuils les moins protecteurs possibles… La députée européenne appelle à rehausser ces seuils afin de protéger efficacement la population.

Soirée sur nucléaire et santé à Belleville-sur-Loire

 

Roland Desbordes est administrateur de la CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité), une association créée en 1986 depuis l’accident nucléaire de Tchernobyl. La CRIIRAD est parvenu à imposer des décisions contraignantes à l’agence nationale de sécurité nucléaire. Roland Desbordes a dénoncé les nombreux conflits d’intérêts entre l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) et les exploitants de l’industrie nucléaire (voir le live Facebook).

« Il y a de nombreux conflits d’intérêts dans le domaine du nucléaire. L’IRSN est le seul organisme capable de faire des recherches sur le nucléaire, car ils ont beaucoup de moyens. Or l’Autorité de sûreté du nucléaire utilise l’IRSN pour réaliser ses expertises. L’IRSN est donc payé par l’exploitant de l’industrie nucléaire pour faire un travail, et payé par l’État pour contrôler ce même travail. C’est comme si l’élève corrigeait sa propre copie le jour d’un examen… »

 

Mathilde Panot, députée France insoumise, s’est attardée sur la question de la sous-traitance dans le nucléaire. Elle a dénoncé le fait qu’une entreprise privée (De Richebourg) s’échine à récupérer le marché de la sous-traitance. Son PDG, roumain, a d’abord commencé à travailler dans la ferraille, puis il a progressivement évolué. Arrivé en France, il a créé une société d’intérim et n’emploie donc quasiment que des travailleurs en intérim. Il tente aujourd’hui de récupérer le marché du traitement des déchets nucléaires (voir le live Facebook).

« Le personnel de certaines centrales, qui travaille en intérim, est souvent incompétent puisque non formé aux spécificités du nucléaire. Les travailleurs ne restent pas suffisamment longtemps sur parce pour approfondir leurs connaissances, il y a un turnover important. » Mathilde Panot

 

Le député européen Yannick Jadot a ensuite insisté sur la nécessité d’opter pour une transition écologique dès à présent, en se passant de l’énergie nucléaire (voir le live Facebook) et en optant pour des énergies renouvelables :

« La reprise en main collective de la question énergétique est une opportunité. Il y a 20 ans, ça n’existait pas. La révolution énergétique est aujourd’hui accessible à tou-te-s. La ramener à l’échelle des citoyens, c’est un enjeu démocratique extraordinaire »

 

Daniel Déprez, de l’association Sortir du nucléaire – Berry-Giennois-Puisaye, était présent pour représenter le comité local d’information de Belleville-sur-Loire. Il a expliqué l’important développement de cancers chez les enfants en Biélorussie. Cette constatation fait suite à des études réalisées sur des sujets de 3ème génération depuis l’accident de Tchernobyl (voir le live Facebook).

 

Le mardi 19 juin, nous avons continué les prélèvements dans un autre endroit près à Neuvy-sur-Loire, en aval de la centrale nucléaire. Après un pique-nique au bord de la Loire, les marcheurs ont eu quartier libre l’après-midi. Un repos bien mérité, après plus de 700km de marche depuis Fos-sur-Mer !

Et pour terminer, une chanson de la marche des cobayes devant la centrale de Belleville-sur-Loire :

Une pensée sur “Jours 48 et 49 : grande mobilisation citoyenne contre le nucléaire à Belleville-sur-Loire”

  1. en espérant que le marche des cobayes avec leurs élus connu face que les choses changent plus rapidement dans l’arret du nucléaire mais dans tellement d’autres domaines
    Merci à la marche des cobayes

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