La marche des cobayes à Bruxelles et Strasbourg !

Après l’arrivée de la marche des cobayes à Paris, quelques marcheurs (Naggia, Guillaume, Paul, Cathy, Jacqueline, Jean-Marc et Marie) ont rejoint Bruxelles le 1er juillet pour participer aux Dialogues en humanité au parc Josaphat. Ce festival citoyen favorise la rencontre entre les acteurs de la société civile et interroge les défis de notre époque, pour retrouver confiance en l’avenir et l’envie d’agir ensemble.

La marche des cobayes a installé son stand avec des marcheurs belges, « les acteurs des temps présents » qui organisent des marches sur des thèmes précis et repèrent des lieux marqués par l’appauvrissement, la précarité, l’abus d’utilisation par certains de l’utilisation du bien commun, afin d’envisager des réparations. Leur première marche s’appelait « la marche des communs » et la deuxième « la marche des réparations ». Nous avons ressenti beaucoup de similitudes avec notre marche des cobayes et avons émis l’idée d’une marche commune.

Dialogues en humanité est une dynamique participative, née à Lyon en 2003 et présente aujourd’hui dans plus de soixante villes de par le monde. Son objectif est de remettre au cœur de nos communautés humaines le dialogue, sur le principe de l’arbre à palabres, pour interroger le monde dans lequel on vit, explorer ensemble les audaces dont nous avons besoin pour sortir de l’impuissance et retrouver confiance en l’avenir et l’envie d’agir ensemble.

Après ces échanges très intéressants, nous sommes allés à l’Agora pour participer aux échanges sur « la santé, mode d’emploi ».

La santé, condition première de la vie, est à la fois un bien individuel ET un bien commun, un droit qu’il faut protéger. La société (organisation politique et économique) conditionne notre état de santé par ce qu’elle impose ou autorise. Environnement, logement, aménagement du territoire, mobilité, éducation, conditions de travail… sont sources d’inégalités croissantes. Comme ces inégalités nous rendent malades, quels choix politiques pourront-ils permettre de préserver une vie décente (particulièrement pour les publics fragilisés : sdf, sans-papiers) et nous de réapproprier nos corps face à une médecine plus technocratique qu’humaine ?

Chacun a pu exprimer son point de vue sur l’importance de la santé, la prise en charge de celle-ci, l’évolution des pratiques médicales et paramédicales, les intoxications médicamenteuses, le pouvoir abusif des lobbies pharmaceutiques, etc.

Etaient présents pour ce débat la Luss (Ligue des usagers des services de santé), l’association Femmes et santé, Maison médicale du Nord (Schaerbeek), Médecine pour le peuple, Jean-Pierre Unger (médecin généraliste), le groupe santé (E)change Bruxelles, Pierre Ryckmans (médecin co-coordinateur de l’assocation Infirmiers de rue) et notre délégation de la Marche des cobayes.

Ensuite, après moment de repos dans le beau parc Josaphat tout entouré de la verdure, d’étendues d’eau et d’arbres magnifiques, nous avons passé une soirée conviviale autour de musiques et cuisines du monde.

Dialogues en humanité à Bruxelles

La marche des cobayes reçue par le Ministère de la transition écologique et solidaire

Le lundi 2 juillet, une délégation de la marche des cobayes a été reçue par le cabinet de Nicolas Hulot. Cela a été l’occasion de porter à la connaissance du Ministre Nicolas Hulot les principales revendications issues des deux mois de marche, qui seront retravaillées collectivement début septembre avec les associations de victimes, les organisations environnementales et tous les marcheurs.

Le cabinet du Ministre nous a précisé que Nicolas Hulot n’était pas hostile à l’organisation d’États généraux sur les questions relatives à la santé environnementale. Il l’envisage en deux temps : assises régionales de la santé environnementale, puis assises nationales début 2019. Nous serons vigilants quant au pilotage de ces assises pour éviter le même échec que celui des États généraux de l’alimentation.

Nous avons évoqué également quelques dossiers sensibles rencontrés au cours de la marche : intoxication aux pesticides des salariés de Triskalia en Bretagne, pollution à Romainville sur l’ancien site de l’usine Wipelec, pollution à proximité d’une école à Montreuil par l’usine SNEM, etc. Le déficit d’information des riverains a été pointé du doigt concernant les études et travaux de dépollution effectués sur les sites. Nous avons demandé la mise en place de groupes de travail pluralistes réunissant des représentants du ministère, de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), de la DRIEE (Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie), les associations de riverains et des experts indépendants associés.

A aussi été posée la question de l’impact sanitaire sur les populations locales de la pollution industrielle dans le golfe de Fos-sur-Mer et la nécessaire reconnaissance des études épidémiologiques d’initiative citoyenne et scientifique locales. Il est nécessaire de mettre en place des mesures d’urgence pour réduire les rejets industriels de l’industrie lourde et mieux évaluer la pollution de l’air (mesures des particules ultra-fines et de l’effet cocktail des polluants dans l’air et le sol).

Enfin, concernant le dossier des boues rouges et d’Altéo à Gardanne, nous avons interrogé le Ministère sur l’annulation probable de l’arrêté lié au rejet en mer d’effluents liquides de boues rouges et sur l’évaluation nécessaire de l’impact du stockage terrestre de résidus de bauxite à Mange Garri. Nous avons demandé au Ministère d’agir avec la plus ferme détermination pour en finir avec cette pollution aux boues rouges dans le parc national des Calanques et dans le massif du pays gardannais chère à Cézanne ; d’intégrer au comité de suivi préfectoral les associations de riverains et les lanceurs d’alerte qui bataillent contre la pollution des boues rouges et de mettre en œuvre au plus vite, comme le préconise le rapporteur public, une enquête publique sur le stockage terrestre des boues rouges à Bouc-Bel-Air.

Un rendez-vous fin juillet est prévu avec le Ministre lui-même pour avoir son retour sur notre cahier de doléances (recensement de l’ensemble des dossiers sensibles et urgents rencontrés tout au long de la marche) et nos revendications de réformes législatives et réglementaires.

La marche des cobayes reçue par le cabinet du Président du Parlement européen

Sept marcheurs ont pu rencontrer, au sein du Parlement européen, le cabinet de M. Tajani, suite au rassemblement de la Marche des cobayes en matinée devant l’institution européenne (en présence de plusieurs députés européens comme Michèle Rivasi, Karima Delli, Yannick Jadot…) pour l’ouverture de la session plénière estivale.

L’échange a été parfois à la lisière de l’incompréhension, les représentants du Parlement et de la Commission défendant un modèle obsolète : celui du libéral-productivisme qui génère les principaux scandales sanitaires et alimentaires dénoncés par les marcheurs.

« Ce sont les citoyens qui demandent des comptes sur l’état de notre environnement et de notre santé. Le monde est à l’envers, ce sont les victimes qui alertent les industriels et les pouvoirs publics des effets indésirables de certains produits » (Michèle Rivasi, députée européenne)

Une délégation de marcheurs a été reçue par le cabinet du Président du Parlement européen

 

Il est indispensable de voir la santé comme un levier de richesse, comme un investissement nécessaire pour l’avenir. Nous avons malheureusement aujourd’hui un ministère de la maladie, pas de la santé… Il faut insister sur « comment ne pas tomber malade », car c’est la première fois que nous observons autant de cancers. Tous les jours nous respirons, mangeons et buvons des produits qui nous rendent malades.

« Il y a un tas de maladies chroniques qui explosent aujourd’hui. Il faut changer de cap, passer à une médecine environnementale et préventive, plus que allopathique et curative » (Marie, marcheuse)

Un accord s’est toutefois esquissé quant à la mise en débat d’une résolution pour épouser les objectifs de l’OMS qui seront débattus en septembre lors de l’Assemblée générale de l’ONU, afin de réduire de 30% les maladies chroniques souvent liées à des facteurs environnementaux et des polluants tels que les perturbateurs endocriniens.

« Prenez votre sac à dos, allez-y tranquillement, partez à la rencontre des villageois qui vous parleront de leur forêt, de leur eau, de leur nature. Écoutez-les, c’est important. Les citoyendemandent la mise en place de lois qui sont pensées pour eux. Les gens que nous avons rencontrés pendant la marche attendaient que nous soyons reçus au Parlement européen. Maintenant que nous y sommes, il faut que nous soyons entendus » (Naggia, marcheuse)

Plus que jamais nous sommes déterminés à agir pour la santé et l’environnement et pour en finir avec la toute-puissance des industries et des multinationales.

Pour finir, voilà quelques photos de la mobilisation à Strasbourg le 3 juillet, avec la fanfare Pinto (Strasbourg) :

2 réponses sur “La marche des cobayes à Bruxelles et Strasbourg !”

  1. Bravo pour votre détermination et votre courage, d’aller au bout de votre marche .
    Merci pour ce que vous avez fait , et ferez encore , j’en suis sûr !!!
    A Paris peut être le 22 /09
    Raymond un cobaye de Poncharra 38

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