Marche des cobayes : le cri d’alerte des citoyens après deux mois à travers la France (récit)

Tout a commencé lorsque des personnes victimes du changement de formule du Lévothyrox (notamment au sein de l’Association Française des Malades de la Thyroïde) ont rencontré la députée européenne Michèle Rivasi (Europe Écologie-Les Verts). S’alarmant de l’augmentation des problèmes de santé liés à des causes environnementales et notamment à l’utilisation croissante de produits toxiques, elles ont décidé de mener une action commune.

L’idée d’une grande marche pour la santé environnementale était née.

Nous voilà, seulement quelques mois plus tard, le mardi 1er mai 2018, à Fos-sur-Mer. L’une des villes les plus polluées d’Europe, qui voit le nombre de maladies chroniques augmenter dramatiquement depuis plusieurs années.
Plus de 150 personnes se sont donc retrouvées pour participer au grand lancement de la « Marche vérité et justice pour la santé environnementale », rapidement baptisée « Marche des cobayes ».

Soirée de lancement de la marche des cobayes à Fos-sur-Mer

Une marche pour rencontrer les habitant·e·s, les associations locales qui se mobilisent, certaines depuis des dizaines d’années, pour faire reconnaître l’impact nocif de certains produits toxiques dans leur environnement et sur leur santé. Une marche pour prendre le temps de découvrir, de s’imprégner, de comprendre, de débattre, de s’indigner. Mais aussi une marche pour expérimenter concrètement un nouveau modèle de société que nous sommes de plus en plus nombreux·ses à prôner : un déplacement doux, de nouvelles façons de faire collectif, un rapport aux paysages et aux humains plus respectueux.

Une marche des cobayes, de Fos-sur-Mer jusqu’à Paris, pour que vive la démocratie en santé ! Découvrez la vidéo qui retrace cette marche :

Cette marche des cobayes rassemblait plusieurs objectifs :

  • Rendre visibles les personnes isolées et victimes de produits toxiques ou dangereux ;
  • Créer un mouvement citoyen et un éveil des consciences contre l’inertie des pouvoirs publics en matière de santé environnementale ;
  • Réclamer la justice pour les victimes et notamment l’inversion de la charge de la preuve (ce doit être à l’industriel de prouver l’innocuité de son produit et non à la victime de prouver le lien de causalité entre sa pathologie et le facteur de pollution ou le produit toxique) ;
  • Exiger une recherche, une expertise et une justice indépendantes ;
  • Renforcer la protection de la santé au travail en rétablissant les CHSCT et des instances de contre-pouvoirs pour les salarié.e.s.

Il est très puissant de marcher en ayant des objectifs aussi forts que ceux-ci. De rassembler, au fil des kilomètres, les revendications de dizaines de citoyen·ne·s et de les porter avec soi pour en témoigner dans les futures étapes et au sein des instances politiques. De se faire le porte-parole de tous ces drames sanitaires et environnementaux qui se déroulent dans notre pays.

 

Du 2 au 14 mai en région PACA

Pour le départ de la marche des cobayes en région PACA, la presse était au rendez-vous. Tous les principaux médias ont mentionné notre initiative, plusieurs nous ont suivi sur toute la durée de la marche comme France 3. Certaines personnes ont entendu parler de nous à la télévision et nous ont rejoints lorsque nous sommes passé·e·s en bas de chez elles.

C’est le cas de Naggia qui, préoccupée par la santé de notre planète, a décidé de faire ses valises pour suivre la marche jusqu’à… Paris. Marie, notre infirmière, a aussi choisi de dédier deux mois à cette cause qu’elle défend au quotidien dans ses engagements citoyens. Elle aussi victime des changements de molécule du Lévothyrox, elle a des choses à dire. Infirmière, elle a remédié à tous les bobos (majoritairement bénins !) des marcheurs et des marcheuses. Elle nous a donné une formation aux premiers secours mais, heureusement, nous n’avons pas eu besoin d’utiliser le défibrillateur ! De son côté, Jean-Marc a entendu parler de la marche des cobayes par son oncle, à peine une semaine avant le départ de Fos-sur-Mer. Apprenant que nous avions besoin d’un chauffeur pour conduire la voiture médicalisée, il a décidé de nous accompagner.

Brigitte, elle, a marché une quinzaine de jours à nos côtés. Habitante de Gardanne, près des bouges rouges qui contiennent de nombreux métaux lourds, elle vit avec des problèmes respiratoires qui disparaissent dès qu’elle s’éloigne de la ville. Christophe, passionné de randonnée, nous a montré le chemin pour les premiers jours de la marche. Clément a d’abord rejoint la troupe pour un ou deux jours, « pour voir », et il est finalement revenu très régulièrement pour participer à quelques étapes. Kader et Manu ont suivi les dix premières étapes, l’un pour conduire la deuxième voiture-balais, l’autre avec un pousse-pousse. Daniel, président de l’association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos, nous a donné énormément d’informations sur la pollution et l’évolution du climat dans la région.

La marche des cobayes, c’était avant tout la rencontre avec des citoyen·ne·s engagé·e·s.

À Marseille, nous avons reçu le soutien de la sénatrice Samia Ghali. Nous avons visité des sites pollués (école Oasis des Aygalades, usine Legré Mante) et fait des rencontres poignantes avec les habitant·e·s de la cité Air-bel dont l’eau est imbuvable, avec une présence importante de legionellose. À Gardanne, nous nous sommes rendus sur le site d’Altéo qui déverse 400 000 tonnes de boue rouge à l’air libre, dont les émanations pénètrent dans les proches habitations.

Sur les chemins de Provence
Débat en plein air à Marseille
Accueil à Martigues
Devant le site d’Altéo qui déverse des boues rouges à Gardanne

À travers la Provence, nous sommes passés entre les gouttes. Une quinzaine de kilomètres par jour nous ont permis de nous adapter au rythme de chacun·e et d’en apprendre plus sur les paysages, les régions et l’impact environnemental des industries locales. Olivier, passionné de biologie, nous a accompagné autour d’Aix-en-Provence à la découverte de sa région.

La députée européenne Michèle Rivasi nous a rejoint à Cadarache pour dénoncer le centre nucléaire et appeler à l’utilisation d’énergies propres et respectueuses de l’environnement. Elle a aussi participé à un débat sur les ondes électromagnétiques à Volx, en présence de personnes électro-hypersensibles et de leurs proches, qui nous ont sensibilisés à leurs conditions de vie très difficiles, souvent faites d’isolement, de manque de reconnaissance voire de rejet.

Devant le centre nucléaire de Cadarache
Débat sur les ondes électromagnétiques à Volx

 

Nous avons rencontré les salarié·e·s de l’usine Arkema à Saint-Auban, qui a utilisé de l’amiante pendant très longtemps. Un parcours terrible pour les victimes, qui ont mis des années à obtenir une certaine reconnaissance… Les salarié·e·s appellent au renforcement de la protection de la santé au travail, rejoignant l’un des objectifs de notre marche.

Nous avons aussi découvert des villes engagées comme Volonne, pris le temps de découvrir la faune et la flore des Alpes-de-Haute-Provence. Christian, membre du collectif Triskalia (groupe coopératif agricole et agroalimentaire au service d’une agriculture bretonne moderne, performante et durable), nous a alertés sur l’utilisation des pesticides en France et leurs dégâts sur la santé. Nous avons rencontré des salariés de Sanofi et dénoncé l’utilisation de certains médicaments potentiellement toxiques comme la Dépakine.

« Il est indispensable de prendre en compte les effets indésirables graves potentiels et de reconnaître des maladies parfois invisibles, jusqu’à l’indemnisation des victimes. »

 

Près de l’usine Arkema à Saint-Auban. Photo : Eric Franceschi
Débat sur l’arboriculture et les pesticides à Volonne

Mobilisation de la marche des cobayes à Sisteron

 

Du 15 mai au 11 juin en région Auvergne-Rhône-Alpes

En plein cœur de la magnifique région du Trièves (de loin la plus appréciée des marcheuses et des marcheurs !), nous avons abordé les questions de migrations et de justice climatiques. Alors que 250 millions de personnes pourraient être qualifiées de réfugiés climatiques en 2050, que font nos gouvernements et l’ONU ?
C’est à ce moment-là que nous avons appris l’annonce de la Ministre de la Santé, qui se dit défavorable à l’indemnisation des victimes de pesticides… En plein cœur de notre marche pour la santé environnementale, cette annonce a eu l’effet d’une bombe.

Face à ces constats dramatiques, de nombreuses personnes mettent en place des solutions locales pour répondre à ces enjeux cruciaux. Nous avons ainsi visité le centre écologique de Terre vivante, qui propose des conseils écologiques pour ancrer dans sa vie quotidienne le respect de notre planète, ou encore l’habitat participatif écologique « Les granges des toits liés » à Pontcharra.

Visite du centre écologique de Terre vivante

Débat sur alimentation et santé à Percy

 

Le passage en Rhône-Alpes nous a permis d’approfondir notre connaissance de plusieurs grandes problématiques environnementales ou de grands projets inutiles. À Grenoble, nous avons ainsi rejoint la grande marche contre Monsanto, pour une journée dédiée aux pesticides et à la pollution des sols. Autour de Pontcharra, c’est le projet de tunnel Lyon-Turin – qui détruirait nombre de terres agricoles fertiles, dont certaines sont en reconversion biologique – qui a fait l’objet de toute notre attention, notamment autour de Daniel Ibanez, vent debout contre ce projet. Le passage dans la vallée de l’Arve et à Chambéry nous a permis de découvrir la pollution très forte de l’air dans cette belle vallée.

La marche des cobayes s’est arrêtée plusieurs jours à Lyon, pour un programme très riche. Nous avons débattu des questions de migrations climatiques en croisant la marche des migrants, rencontré le laboratoire Merck pour les questionner sur les effets secondaires du Lévothyrox et organisé une conférence sur les scandales sanitaires à Sciences Po Lyon, participé aux assises de l’écologie et des solidarités et à un rassemblement festif antinucléaire pour les 40 ans de la centrale du Bugey.

Soirée dans un habitat participatif à Pontcharra
Croisement avec la marche des migrants à Lyon
Devant l’usine Merck de Lyon
40 ans de la centrale du Bugey

 

Deux rencontres très fortes ont marqué notre sortie de Lyon : avec les verriers de Givors, qui ont développé de nombreux cancers suite à une mauvaise protection au travail et à la présence forte d’amiante ; et à Feurs avec Karim Ben Ali, lanceur d’alerte qui a dénoncé la multinationale ArcelorMittal puisqu’il a été contaminé par de l’acide qu’il déversait sans équipement adapté. Des parcours du combattant pour faire reconnaître des maladies professionnelles et éviter que cela ne se produise pour d’autres personnes… Est-ce vraiment aux victimes de démontrer le lien entre leur maladie et le produit toxique incriminé ? Les industriels ne devraient-ils pas prouver que leurs produits ne sont pas nocifs pour notre santé ?

Après ces rencontres émouvantes, nous avons fait halte à la ferme biologique de Fontrubleau de Thierry Gardon, havre de paix où les marcheuses et les marcheurs se sont ressourcé·e·s tout en échangeant sur l’agriculture biologique et l’industrialisation agricole.

Un très bel accueil nous a été réservé, comme dans de nombreux endroits que nous avons traversés. Nous tenons à remercier très chaleureusement toutes les personnes qui se sont mobilisées localement pour accueillir une ou plusieurs étapes. Sans elles, nous n’aurions pas pu réussir cette marche !

Avec le lanceur d’alerte Karim Ben Ali à Feurs
Débat sur l’agriculture à Crémeaux

 

A mi-parcours, toujours dans de très beaux endroits, nous avons exploré le scandale des déchets radioactifs chez Areva dans les mines d’uranium de Saint-Priest-la-Prugne, approfondi la nécessité de préserver nos forêts avec France Nature Environnement à Thiers, débattu de la qualité de l’eau – ce bien commun – à Ravel.

La convergence avec d’autres associations et collectifs est indispensable si nous voulons faire évoluer la loi et les pratiques en faveur de la santé environnementale. C’est ainsi qu’à Clermont-Ferrand, nous avons participé à une soirée organisée par Générations cobayes, qui mobilise les jeunes sur ces questions. Une conférence participative sur « l’éco-orgasme » nous a permis d’aborder les questions de produits toxiques, cancérogènes et perturbateurs endocriniens présents dans notre quotidien, notamment intime. Nous avons aussi apporté notre soutien à la lutte de militants CGT à Montluçon pour revendiquer le droit à des conditions de travail saines et sûres, ainsi qu’à un collectif de victimes de l’amiante, qui ont travaillé à l’usine Amisol. Enfin, la diffusion du film Severn, la voix de nos enfants de Jean-Paul Jaud, nous a donné une perspective historique sur les luttes environnementales et l’importance de la mobilisation individuelle et collective pour aboutir à une réelle transition écologique.

Trois autres sujets importants nous ont mobilisé·e·s juste avant de quitter la région Auvergne-Rhône-Alpes : la recherche sur les OGM de l’usine Limagrain à Saint-Beauzire (où nous avons été reçu·e·s par une délégation de Limagrain, après avoir interpellé les salarié·e·s en train de déjeuner), les lobbies de l’industrie pharmaceutique à Riom (avec notamment Thierry Bodin, coordinateur CGT de Sanofi et E3M, association de victimes de l’aluminium vaccinal) et l’élevage industriel à Bressolles et Moulins (installation d’un énorme poulailler-usine et débat avec L214 sur l’élevage intensif).

La finance a-t-elle réellement pénétré toutes les sphères de notre société (santé, alimentation, économie…) ? L’industrie est-elle réellement, comme l’écrivait Philippe Even pour l’industrie pharmaceutique, hors de tout contrôle ?

Devant l’usine Limagrain près de Clermont-Ferrand
Débat sur « big pharma » à Riom
Échanges sur l’élevage intensif à Moulins

 

Du 12 au 14 juin en région Bourgogne-Franche-Comté

Changement de région, autres sujets ! Après une visite de jardins partagés et biologiques et du site le Bec d’Allier, riche en biodiversité mais menacé, nous avons accueilli la députée européenne Karima Delli à Nevers, pour des échanges sur le dieselgate et les effets cancérigènes du diesel.

« Les gens ne se sentent pas écoutés. La construction des politiques publiques est souvent faite en déconnexion totale d’avec ceux qui subissent ces pollutions au quotidien » (Thomas Dietrich, ancien secrétaire général de la Conférence national de santé)

Avec la députée européenne Karima Delli à Nevers
Débat à Nevers

 

Deux autres marcheurs et une marcheuse nous ont rejoints pour un long moment : Manu, saxophoniste et passionné de recherches scientifiques, qui a apporté à notre marche une belle tonalité musicale ! Sophie, venue de Lyon, a rejoint notre équipe pour le reste de la marche, notamment pour prendre soin des enfants de notre cher bus bio ! Et Sylvain, habitant de Chartres et grand habitué des marches militantes, nous a concocté un très beau texte :

« Des citoyens en marche, de Marseille à Paris,
Viennent défendre la terre, dans les pas de Gandhi.
Autisme, obésité, allergies et cancers,
Sont autant de symptômes d’une crise sanitaire.

Cette marche regroupe des âmes bien informées,
Ne se résignant pas à confier leur santé
Aux forces de l’argent qui agissent dans l’ombre,
Pour leur propre intérêt, le chiffre avant le nombre !

Les lobbies sont partout : dans les pubs, les labos,
Dans les champs, les usines, les vaccins, les frigos.
Oui nous sommes tous cobayes, du berceau au cercueil.

Mais nous pouvons agir en quittant nos fauteuils !
Car l’avenir nous crie d’explorer des chemins
Que nos enfants suivront sans redouter demain » (Sylvain, marcheur – 13 juin 2018)

Des youtubeurs et youtubeuses nous ont aussi témoigné de leur soutien via une vidéo coordonnée par une autre youtubeuse, Estelle, qui tient « le journal d’une femme-tambour ».

De gauche à droite : Manu, Camille, Naggia, Sylvain

 

Du 15 au 24 juin en région Centre-Val-de-Loire

L’arrivée en région Centre a été marquée par le croisement avec le Tour Alternatiba à Vierzon ! Tandis que la marche des cobayes se déplace à pied pour rencontrer les problématiques locales liées à la santé environnementale, le Tour Alternatiba arpente la France (et quelques pays limitrophes) en vélo pour présenter les alternatives au réchauffement climatique !

Après une escale à Tours sur les ondes électromagnétiques et les compteurs Linky, nous avons participé à un grand rassemblement anti-nucléaire à Belleville-sur-Loire avec l’association Sortir du nucléaire et la CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité). Un grand nombre de miliant·e·s nous ont rejoints pour effectuer des prélèvements d’eau dans la Loire et manifesté devant la centrale nucléaire. Le député européen EELV Yannick Jadot et la députée du Val-de-Marne France insoumise Mathilde Panot étaient à nos côtés, pour appeler à la mobilisation citoyenne en faveur d’énergies propres et plus respectueuses de l’environnement et de notre santé. Nous nous sommes tous retrouvés pour un grand débat le soir même sur la question du nucléaire.

Pour notre dernière étape avant l’Île-de-France, dans le Loiret, Paul, pâtissier de formation, nous a rejoint après avoir découvert la marche des cobayes sur Facebook. Progressivement convaincu par notre démarche et l’ambiance sur la marche, il est même venu jusqu’à Bruxelles et Strasbourg pour porter nos revendications au Parlement européen !

Nous avons parlé phytoépuration à Ouzouer-sur-Trézée, dansé pour la fête de la musique à Montargis, découvert l’arboretum en danger de Nogent-sur-Vernisson, participé à la fête de l’AMAP à Contrat et visité des sites industriels pollués à Montargis.

Soirée sur le nucléaire à Belleville-sur-Loire
Devant la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire
Prélèvements d’eau dans la Loire
A Montargis

Du 25 au 30 juin en région Île-de-France

Ça y est, la marche approche de son terme… Tant de lieux visités, de luttes découvertes, de témoignages recensés… Les marcheuses et les marcheurs portent toutes ces rencontres et entendent bien porter ces revendications haut et fort, à Paris, Bruxelles, Strasbourg et au-delà.

À Melun, nous avons abordé les questions de gestion des déchets et d’incinération, avec le collectif 3R (Réduire Recycler Réparer) qui se mobilise contre l’incinérateur d’Evry.
À Evry, nous avons rencontré plusieurs associations qui défendent leurs territoires face aux conséquences environnementales de la création du Grand Paris (destruction de riches terres agricoles, aucune concertation avec la population, fermeture d’hôpitaux de proximité, méga infrastructures qui aspirent les plus petites, création d’un immense centre commercial, accueil des Jeux olympiques en 2024…). Allons-nous réellement créer la Silicon valley à la Française, au détriment de la préservation de notre environnement ?

En parallèle, une délégation s’est rendue à Paris pour une action devant le Ministère de la Santé et aux Invalides : une croix par scandale sanitaire, pour dénoncer les conséquences de l’utilisation de produits toxiques sur notre santé. Une action médiatisée qui a contribué à annoncer l’arrivée de la marche à Paris.

Mobilisation à Paris pour dénoncer les scandales sanitaires

 

C’est ensuite le sujet de l’aluminium dans les vaccins qui nous a préoccupé à Créteil, tout près de l’hôpital Henri Mondor, où travaillent les spécialistes de la myofasciite à macrophages (pathologie provoquée par l’adjuvant aluminium), Pr Gherardi et Pr Authier. Était aussi présent Didier Lambert, président de l’association E3M, qui regroupe des personnes atteintes de cette pathologie.

Soirée sur l’aluminium vaccinal à Créteil

 

Enfin, pour notre dernière étape avant Paris, la journée fut centrée sur la pollution de certaines usines à Montreuil et le scandale du chlordécone (insecticide puissant qui a contaminé 95% de la population guadeloupéenne pour les 700 prochaines années), avec des intervenant·e·s venu·e·s parfois de loin pour témoigner de leur mobilisation et faire entendre leurs voix.

Mobilisation contre une usine SNEM à Montreuil
Soirée sur l’insecticide chlordécone à Montreuil

 

 

L’arrivée à Paris, mobilisant plus de 200 personnes depuis l’incinérateur d’Ivry jusqu’à la place Stalingrad, a permis de rassembler de nombreuses associations, personnalités et experts. Les intervenant·e·s ont appelé les citoyens à un éveil des consciences sur les enjeux de santé environnementale, en présentant des défis concrets qui s’offrent à nous aujourd’hui. Des solutions sont possibles, la force de notre collectif peut nous permettre de faire pencher la balance en faveur des victimes et des générations futures.

L’arrivée à Paris, place de Stalingrad

Bruxelles, Strasbourg et la suite !

Une délégation de marcheuses et de marcheurs s’est finalement rendu à Bruxelles pour participer aux Dialogues en humanité, puis à Strasbourg pour une manifestation devant le Parlement européen. Nous sommes aussi rentré·e·s au sein du Parlement pour découvrir le fonctionnement interne de cette instance censée représenter les citoyen·ne·s dans les réflexions politiques européennes. Et, point d’orgue de la marche, nous avons été reçu·e·s par le cabinet du Président du Parlement européen et le cabinet de Nicolas Hulot… Nous avons porté nos principales revendications, expliqué ce que nous avions vu pendant deux mois de marche à travers la France, témoigné des situations parfois terribles que rencontrent nombre de personnes localement. Nous avons ressenti une certaine écoute, même s’il faudra nous démener bien davantage pour réellement faire bouger nos décideurs.

« Ce sont les citoyens qui demandent des comptes sur l’état de notre environnement et de notre santé. Le monde est à l’envers, ce sont les victimes qui alertent les industriels et les pouvoirs publics des effets indésirables de certains produits » (Michèle Rivasi, députée européenne)

Dans le Parlement européen de Strasbourg

 

Durant cette marche, nous avons reçu le soutien de nombreux·ses élu·e·s comme la sénatrice Samia Ghali à Marseille, la maire Sandrine Cosserat à Volonne, la maire Monique Chabert à Chimilin, le conseiller régional Jean-Charles Kohlhaas et la conseillère régionale Françoise Grebert en Auvergne-Rhône-Alpes, le sénateur de la Loire Jean-Claude Tissot, l’adjoint à l’environnement de Clermont-Ferrand Nicolas Bonnet, le conseiller municipal à Dordives Christian Monin, la conseillère départementale Jeannick Le Lagadec dans le Val-de-Marne, et bien d’autres. Preuve que certain·e·s hommes et femmes politiques sont à même d’entendre et de se mobiliser sur les enjeux de santé environnementale, si importants à prendre en compte aujourd’hui.

Nous préparons actuellement la suite de cette marche, ainsi que les revendications concrètes que nous allons porter auprès des instances politiques par la suite. Nous vous donnons rendez-vous le samedi 22 septembre à Paris (sondage à remplir si vous êtes intéressé-e) pour co-construire la suite de cette belle aventure !

De nouveau, nous adressons un immense MERCI à toutes les personnes qui ont soutenu la marche, organisé des étapes, fait un don, relayé l’information, accueilli des marcheuses et des marcheurs… Et un grand merci aussi à notre bus bio, qui nous a concocté de délicieux repas pendant un mois et demi !

Si vous souhaitez participer à l’élaboration du bilan de cette marche, vous pouvez compléter ce questionnaire.

Nous remercions très chaleureusement nos partenaires financiers qui ont permis le bon déroulement de cette marche.

Merci à toutes et tous et… à bientôt !

L’équipe de la marche des cobayes
André, Axel, Camille, Maxence, Rosalie, Sarah, Sébastien


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5 réponses sur “Marche des cobayes : le cri d’alerte des citoyens après deux mois à travers la France (récit)”

  1. Bonjour ,
    Je souhaite que votre marche serve d’exemple pour d’aucuns que la société deviennent plus responsable, plus solidaire afin de faire plier les politiques qui ne regardent que leur portefeuille et leur nombril.
    Bravo, bon courage.
    Chantal

  2. Bonjour ,
    Je souhaite que votre marche soit un exemple pour d’aucuns, que la société deviennent plus responsable, plus solidaire afin de faire plier les politiques qui ne regardent que leur portefeuille et leur nombril.
    Bravo, bon courage.
    Chantal

  3. Bonsoir
    Je découvre votre marche citoyenne qui lance l’alerte.. La députée européenne que vous avez contactée dit « le monde est à l’envers.. Ce sont des citoyens, des malades qui interpellent labos, industriels.. »
    Et j’en viens à mes propres questions
    Cette marche à eté un succès sur son parcours les participants ont pu rencontrer les locaux, des édiles, des professionnels.
    C’est parfait.
    Mais dans le concret de demain quel resultat…
    Je suis du Sud Ouest et me suis officiellement et publiquement engagée pour une thérapie alternative non validée, j’ai commencé par me faire connaître dans la presse régionale, puis nationale, voulu créer des réseaux.. Et finalement peu de malades et si peu d’aidants ou de personnes concernées ont voulu marcher avec nous..
    Je suis parkinsoniennze et défendait au CHU Mondor de Créteil le Dr Gabriel Villafane et sa thérapie qu’on a stoppé arbitrairement en produisant des faux documents, condamnant unilatéralement
    Les propos tenus Étaient haineux, les jugements spécieux et personne n’a bougé des politiques, scientifiques, journalistes.
    Quand vous êtes malade se mettre en marche est un challenge epuisant et.. À terme perdant.. obligatoirement dans ce monde qui ne tourne plus rond
    C’est la lutte du pot de terre contre le pot de fer
    C’étaient les Indignes de Stefan Hessel
    C’est Jean Lasalle député du piémont pyrénéen qui a arpenté route la France à pied à fait une grève de la faim remarquable et remarquée à l’assemblée Nationale
    C’est ce malade en fauteuil atteint de la maladie de Charcot qui est parti de la Plage pour monter jusqu’à Paris pour dire sa révolte le plan MND dévoile par Laurence Rossignol secrétaire d’état à la Santé-la ministre Étant Marisol Touraine- le 17 novembre 2014 est un triste foutoir qui n’a aucun impact sur les maladies neuro dégentatives
    Et puis le gouvernement a changé.
    Laurence Rossignol se retrouve senatrice en marche de la Marne et s’est trouvé une autre cause défendre les victimes sexué l’emmental parlant type Harvey Weinstein
    Agnès Buzyn est issue de la HAS notre ministre sait tout à tout vu tout lu n’a pas besoin de se déplacer pour voir reste dans sa tour d’ivoire se moque des conflits d’intérêts pourtant évidents ne propose rien mais ordonné, impose
    L’état se désengage de la recherche publique. Les médicaments hier efficaces- et ils le sont vraiment pour certains malades Alzheimer-sont de remboursés. On n:y reviendra plus
    On regroupe des malades dans u. Village sans consultation préalable du citoyen
    Ça se passe chez moi à Dax 120 residents coaches par 120 bénévoles eux mêmes tutores par 120 agents médicaux non identifiables 28 M la structure 8 a 10 M/an de fonctionnement pour l’instant un an de retard sur le timing et la supériorité à la Française des scientifiques éclairés vont évaluer observer ce grand laboratoire que sera le village Alzheimer dacquoise pilote au plan national
    De qui se moque-t-on ce village est un ghetto en préfigure d’autres il y a 7000 cas Alzheimer dans les Landes et l’idée de village regroupant des malades inutiles et gênants pour une société qui n’a que faire de ses handicapés de ses infirmes nous vient de pays aux contrées vastes et glacées le Canada et la Norvège qui n’ont jamais pensé à évaluer un tel projet. On éloigné les indésirables comme on le fait en Russie en Sibérie. Les Hollandais de Weesp se sont mis au même diapasin
    Le mal gagné.
    De quel pouvoir pouvons nous nous déclarer propriétaires..
    La démocratie n’existe plus tout est aux mains de sociétés privés sur lesquelles nous n’avons aucune prise
    Et pour finir nous avons élu un candidat sans parti sans a priori un candidat en marche qui au bout d’un an de présidence montre son vrai visage
    Il y a les gagnants et les autres
    Les autres on en a que faire on n’a aucune honte aucun remords à s’en débarrasser. Qu’étaient ils venus déranger les cyniques gouvernementaux
    Ils auraient mieux fait de ne jamais etre nés
    Père Patrice Gourer qui défend Jérôme Kerviel contre la grande finance voilait rallier Paris depuis la frontière italienne où JK s’était livré aux autorités francaises
    Père Patrice Fourier n’a pas pu rallier Paris et faire son sitting devant la Bourse
    Il est actuellement et depuis cette marche suspendue menacé de mort
    Il est long le chemin
    Où faisons une revolution
    Celle de 1789 à eté galvauder

    1. Bonjour,

      Nous sommes en train de travailler sur les suites de cette marche des cobayes justement.

      Restez informée pour connaître la suite de nos revendications !

      A bientôt,
      L’équipe de la marche des cobayes

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