Santé environnementale: le constat

Alors que les conquêtes sociales, l’hygiène, les progrès médicaux et l’accès à la nourriture pour tous ont fait progresser l’espérance de vie tout au long du 20eme siècle, on voit celle-ci stagner ou reculer dans les pays dits développés occidentaux. Nos modes de vie sont en cause ainsi que notre modèle libéral – productiviste avec ses rejets d’industries chimiques (pesticides, OGM, résidus médicamenteux, plastiques, nanomatériaux…) et nucléaires faisant pénétrer des produits étrangers à la vie dans le cycle de l’air, de l’eau, de la vie, dans nos organes vitaux…  S’ajoute à cela le poids des lobbys et de l’argent qui fait primer souvent en matière de santé publique les intérêts de l’industrie sur l’intérêt général.

La crise sanitaire est bel et bien la 4eme crise écologique à côté de la crise climatique, de l’extinction de la biodiversité et de l’épuisement des ressources naturelles. Comme les autres, cette crise est créée par l’homme.

Maladies cardio-vasculaires, cancers, maladies respiratoires, obésité, diabète, troubles du comportement et de la reproduction, maladies neurodégénératives, maladies liées à des accidents médicamenteux et vaccinaux… La quasi-totalité des pays est confrontée à une épidémie de maladies chroniques. C’est le constat fait par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Face à cette crise sanitaire, les politiques de santé restent figées sur le modèle ancien, qui mise tout sur le soin et a oublié que les maladies ont des causes. Le facteur environnemental est le grand oublié de la santé publique.

Or, aujourd’hui, 2 décès sur 3 dans le monde sont le fait des maladies chroniques (maladies cardio-vasculaires ou respiratoires, cancers, diabète…). En France, ces maladies progressent 4 à 5 fois plus vite que le changement démographique. 400 000 nouveaux cas de cancers ont été déclarés en France en 2017: près de 54 % chez l’homme (214 000) et 46 % chez la femme (186 000). Les coûts générés font imploser les systèmes de santé. 115 personnes meurent chaque jour en France à cause des particules fines émises par le diesel et l’ammoniac.

Aujourd’hui en France, environ 15 millions de personnes, soit près de 20% de la population, sont atteints de maladies chroniques ; il y a eu un doublement des diagnostics de cancers depuis 30 ans ; une forte progression depuis 10 ans des AVC et de l’insuffisance cardiaque ; une augmentation du diabète ; l’obésité a plus que doublé chez l’adulte et forte progression des maladies d’Alzheimer, de Parkinson et de maladies émergentes est à noter. Enfin, il faut signaler l’apparition de maladies infectieuses inhabituelles sous nos climats ; les pubertés précoces de plus en plus fréquentes et l’influence de l’environnement sur la baisse de la fertilité humaine.

Par ailleurs, nous savons que la pollution atmosphérique est responsable de 6 mois d’espérance de vie en moins et cause 48000 décès par an. Ainsi les particules fines, liées notamment au diesel, constituent un des risques sanitaires les plus graves qui occasionnent un cout social, économique et financier considérable (coût estimé, par un rapport sénatorial de 2015, à plus de 100 milliards par an). Les actes vitaux par excellence (respirer, se nourrir) doivent cesser d’être dangereux, voire mortels.

Face à cette catastrophe sanitaire galopante, il est temps de réagir et de mobiliser l’ensemble des citoyens dans le cadre d’une grande marche.